Proposition sur Internet, 1997, texte, chant, programme informatique
D’après Jean-Jacques Rousseau, Rousseau juge de Jean Jacques
Conception : Jean-Louis Boissier et Liliane Terrier
Réalisation : Jean-Louis Boissier
Réalisé dans le contexte du Laboratoire Labart, Université Paris 8 et du Laboratoire Esthétique de l’interactivité
Création pour « Version originale », Musée d’art contemporain de Lyon, à partir du 8 juillet 1997
Programmation de l’« agent R. » : Bouhaï Nasreddine, Département Hypermédia, Université Paris 8, Saint-Denis. Remerciements à Imad Saleh.
Interprétation de la romance « Tircis, je n’ose… » : Catherine Fontaine.
Enregistrement : Christian Schmitt, Université Paris 8.
Expositions : « Version originale » Musée d’art contemporain Lyon, 1997 ; « Art virtuel », Espace Landowski, Boulogne-Billancourt, 1998.
ARGUMENT
En avril 1776, (il a 64 ans, deux ans avant sa mort), Jean-Jacques Rousseau, après avoir échoué à déposer le manuscrit de Rousseau Juge de Jean-Jacques, Dialogues, sur le grand autel de Notre-Dame, tente de surmonter l’indifférence du public et de briser l’encerclement hostile où il se voit en distribuant un billet, recopié en plusieurs exemplaires, « aux inconnus dont la physionomie (lui) plairait le plus ».
Un agent intelligent (l’agent R.) cherche, partout sur Internet, les noms d’adresses électroniques dont la physionomie est « plaisante ». Il leur adresse le « billet circulaire » de Rousseau. Chaque destinataire peut alors accéder à une chanson qui l’éclaire sur l’expéditeur du billet : la romance « Tircis je n’ ose.. » que Rousseau a gardé (imparfaitement) en mémoire, que lui chantait dans sa petite enfance sa tante Suzon.
Au lieu de solliciter des réponses, ce à quoi pousse ordinairement le réseau, « le billet circulaire » prend le réseau comme espace aléatoire de potentialités d’écoute, comme chambre d’écho pour un délire de culpabilité et de communication innocente.