{"id":288,"date":"2026-09-13T08:56:34","date_gmt":"2026-09-13T06:56:34","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rvdv.net\/circonstances\/?page_id=288"},"modified":"2026-09-13T09:13:53","modified_gmt":"2026-09-13T07:13:53","slug":"288-2","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.rvdv.net\/circonstances\/1997-le-billet-circulaire\/288-2\/","title":{"rendered":"Documents de travail"},"content":{"rendered":"<h3>\u00c9crits de Jean-Jacques Rousseau<\/h3>\n<p>HISTOIRE DU PR\u00c9CEDENT ECRIT<\/p>\n<p>(Extraits)<\/p>\n<p>\u00ab Pour trouver un confident fidelle il auroit fallu l&rsquo;aller chercher loin de moi parmi ceux dont je ne pouvois approcher. Mon esperance \u00e9toit donc vaine, toutes mes mesures \u00e9toient fausses, tous mes soins \u00e9toient inutiles, et je devois \u00eatre s\u00fbr que l&rsquo;usage le moins criminel que feroient de mon d\u00e9pot ceux \u00e0 qui je l&rsquo;allois ainsi confiant seroit de l&rsquo;aneantir.<\/p>\n<p>Cette id\u00e9e me suggera une nouvelle tentative dont j&rsquo;attendis plus d&rsquo;effet. Ce fut d&rsquo;\u00e9crire une esp\u00e9ce de billet circulaire address\u00e9 \u00e0 la nation fran\u00e7oise, d&rsquo;en faire plusieurs copies et de les distribuer aux promenades et dans les r\u00fces aux inconnus dont la physionomie me plairoit le plus. Je ne manquai pas d&rsquo;argumenter \u00e0 ma mani\u00e9re ordinaire en faveur de cette nouvelle r\u00e9solution. On ne me laisse de communication me disois-je qu&rsquo;avec des gens appost\u00e9s par mes pers\u00e9cuteurs. Me confier \u00e0 quelqu&rsquo;un qui m&rsquo;approche n&rsquo;est autre chose que me confier \u00e0 eux. Du moins parmi les inconnus il s&rsquo;en peut trouver qui soient de bonne foi : mais quiconque vient chez moi n&rsquo;y vient qu&rsquo;\u00e0 mauvaise intention; je dois \u00eatre sur de cela.<\/p>\n<p>Je fis donc mon petit \u00e9crit en forme de billet et j&rsquo;eus la patience d&rsquo;en tirer un grand nombre de copies. Mais pour en faire la distribution, j&rsquo;\u00e9prouvai un obstacle que je n&rsquo;avois pas pr\u00e9v\u00fb, dans le refus de le recevoir par ceux \u00e0 qui je le pr\u00e9sentois. La suscription \u00e9toit, A tout fran\u00e7ois aimant encor la justice et la v\u00e9rit\u00e9. Je n&rsquo;imaginois pas que sur cette adresse aucun l&rsquo;os\u00e2t refuser; presqu&rsquo;aucun ne l&rsquo;accepta. Tous apr\u00e8s avoir l\u00fb l&rsquo;addresse me d\u00e9clar\u00e8rent avec une ingenuit\u00e9 qui me fit rire au milieu de ma douleur qu&rsquo;il ne s&rsquo;adressoit pas \u00e0 eux. Vous avez raison, leur disois-je en le reprenant, je vois bien que je m&rsquo;\u00e9tois tromp\u00e9. Voila la seule parole franche que depuis quinze ans j&rsquo;aye obtenue d&rsquo;aucune bouche fran\u00e7oise. \u00bb<\/p>\n<p><i>Rousseau Juge de Jean-Jacques<\/i>, Dialogues,<br \/>\n<i>\u0152uvres compl\u00e8tes I<\/i>, La Pl\u00e9iade, p. 984.<\/p>\n<p>Bibliographie<br \/>\nMichel Foucault, <i>Introduction \u00e0 Rousseau Juge de Jean-Jacques<\/i>, Dialogues, Librairie Armand Colin, Paris, 1962.<br \/>\nGeoffrey Bennington, <i>Dudding, Des noms de Rousseau<\/i>, Galil\u00e9e, Paris, 1991.<\/p>\n<p>ROUSSEAU JUGE DE JEAN JACQUES<br \/>\nCOPIE DU BILLET CIRCULAIRE<br \/>\nDONT IL EST PARL\u00c9 DANS L&rsquo;ECRIT PR\u00c9C\u00c9DENT.<\/p>\n<p>A tout Fran\u00e7ois aimant encor la justice et la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>FRANCOIS ! Nation jadis aimable et douce, qu&rsquo;\u00e8tes- vous devenus ? Que vous \u00e9tes chang\u00e9s pour un \u00e9tranger infortun\u00e9, seul, \u00e0 votre merci, sans appui, sans defenseur, mais qui n&rsquo;en auroit pas besoin chez un peuple juste ; pour un homme sans fard et sans fiel, ennemi de l&rsquo;injustice, mais patient \u00e0 l&rsquo;endurer, qui jamais n&rsquo;a fait, ni voulu, ni rendu de mal \u00e0 personne, et qui depuis quinze ans plong\u00e9, train\u00e9 par vous dans la fange de l&rsquo;opprobre et de la diffamation, se voit, se sent charger \u00e0 l&rsquo;envi d&rsquo;indignit\u00e9s inouies jusqu&rsquo;ici parmi les humains, sans avoir pu jamais en apprendre au moins la cause ! C&rsquo;est donc l\u00e0 votre franchise, votre douceur, votre hospitalit\u00e9 ? Quittez ce vieux nom de Francs; il doit trop vous faire rougir. Le persecuteur de Job auroit pu beaucoup apprendre de ceux qui vous guident, dans l&rsquo;art de rendre un mortel malheureux. Il vous ont persuad\u00e9, je n&rsquo;en doute pas, ils vous ont prouv\u00e9 m\u00eame, comme cela est toujours facile en se cachant de l&rsquo;accus\u00e9, que je m\u00e9ritois ces traitemens indignes, pires cent fois que la mort. En ce cas, je dois me r\u00e9signer ; car je n&rsquo;attends ni ne veux d&rsquo;eux ni de vous aucune grace; mais ce que je veux et qui m&rsquo;est d\u00fb tout au moins, apr\u00e8s une condannation si cruelle et si infamante, c&rsquo;est qu&rsquo;on m&rsquo;apprenne enfin quels sont mes crimes, et comment et par qui j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 !<\/p>\n<p>Pourquoi faut-il qu&rsquo;un scandale aussi public soit pour moi seul un mist\u00e9re imp\u00e9n\u00e9trable ? A quoi bon tant de machines, de ruses, de trahisons, de mensonges pour cacher au coupable ses crimes qu&rsquo;il doit savoir mieux que personne s&rsquo;il est vrai qu&rsquo;il les ait commis ? Que si, pour des raisons qui me passent, persistant \u00e0 m&rsquo;oter un droit * dont on n&rsquo;a priv\u00e9 jamais aucun criminel, vous avez r\u00e9solu d&rsquo;abruver le reste de mes tristes jours d&rsquo;angoisses, de d\u00e9rision, d&rsquo;opprobres, sans vouloir que je sache pourquoi, sans daigner \u00e9couter mes griefs, mes raisons, mes plaintes, sans me permettre m\u00eame de parler **, j&rsquo;\u00e9l\u00e9verai au Ciel pour toute defense un c\u00cfur sans fraude et des mains pures de tout mal, lui demandant, non peuple cruel, qu&rsquo;il me venge et vous punisse (Ah qu&rsquo;il \u00e9loigne de vous tout malheur et toute erreur !) mais qu&rsquo;il ouvre bient\u00f4t \u00e0 ma vieillesse un meilleur azyle o\u00f9 vos outrages ne m&rsquo;atteignent plus.<\/p>\n<p>JJR.<\/p>\n<p>P.S. Fran\u00e7ois, on vous rient dans un d\u00e9lire qui ne cessera pas de mon vivant. Mais quand je n&rsquo;y serai plus, que l&rsquo;ac\u00e7\u00e9s sera pass\u00e9, et que votre animosit\u00e9, cessant d&rsquo;\u00eatre attis\u00e9e, laissera l&rsquo;\u00e9quit\u00e9 naturelle parler \u00e0 vos coeurs, vous regarderez mieux, je l&rsquo;esp\u00e9re, \u00e0 tous les faits, dits, \u00e9crits que l&rsquo;on m&rsquo;attribue en se cachant de moi tr\u00e8s soigneusement, \u00e0 tout ce qu&rsquo;on vous fait croire de mon caract\u00e9re, \u00e0 tout ce qu&rsquo;on vous fait faire par bont\u00e9 pour moi. Vous serez alors bien surpris ! et, moins contens de vous que vous ne l&rsquo;\u00eates, vous trouverez, j&rsquo;ose vous le pr\u00e9dire la lecture de ce billet plus interessante qu&rsquo;elle ne peut vous paroitre aujourdui. Quand enfin ces Messieurs, couronnant toutes leurs bont\u00e9s, auront publi\u00e9 la vie de l&rsquo;infortun\u00e9 qu&rsquo;ils auront fait mourir de douleur, cette vie impartiale et fidelle qu&rsquo;ils pr\u00e9parent depuis longtems avec tant de secret et de soin, avant que d&rsquo;ajouter foi \u00e0 leur dire et \u00e0 leurs preuves, vous rechercherez, je m&rsquo;assure, la source de tant de z\u00e9le, le motif de tant de peine, la conduite surtout qu&rsquo;ils eurent envers moi de mon vivant. Ces recherches bien faites, je consens, je le d\u00e9clare, puisque vous voulez me juger sans m&rsquo;entendre, que vous jugiez entre eux et moi sur leur propre production.<\/p>\n<p>Quel homme de bon sens croira jamais qu&rsquo;une aussi criante violation de la loi naturelle et du droit des gens puisse avoir pour principe une vertu ? S&rsquo;il est permis de d\u00e9pouiller un mortel de son \u00e9tat d&rsquo;homme, ce ne peut \u00eatre qu&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;avoir jug\u00e9, mais non pas pour le juger. Je vois beaucoup d&rsquo;ardens executeurs, mais je n&rsquo;ai point apper\u00e7u de juge. Si tels sont les preceptes d&rsquo;\u00e9quit\u00e9 de la philosophie moderne, malheur sous ses auspices au foible innocent et simple ; honneur et gloire aux intrigans cruels et rus\u00e9s.<\/p>\n<p>** De bonnes raisons doivent toujours \u00eatre \u00e9cout\u00e9es sur tout de la part d&rsquo;un accus\u00e9 qui se deffend ou d&rsquo;un opprim\u00e9 qui se plaint ; et si je n&rsquo;ai rien de solide \u00e0 dire, que ne me laisse-t-on parler en libert\u00e9 ! C&rsquo;est le plus sur moyen de d\u00e9crier tout \u00e0 fait ma cause et de justifier pleinement mes accusateurs. Mais tant qu&rsquo;on m&#8217;emp\u00eachera de parler ou qu&rsquo;on refusera de m&rsquo;entendre, qui pourra jamais sans t\u00e9m\u00e9rit\u00e9 prononcer que je n&rsquo;avois rien \u00e0 dire ?<\/p>\n<p>Texte extrait de <em>Rousseau Juge de Jean Jacques<\/em>, Librairie Armand Colin, Paris, 1962. pp. 331-333. \u00ab Le texte de la pr\u00e9sente \u00e9dition est conforme au texte du manuscrit conserv\u00e9 \u00e0 la Biblioth\u00e8que de Gen\u00e8ve, tel qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli par Robert Osmont pour l&rsquo;\u00e9dition des \u0152uvres compl\u00e8tes de Rousseau, publi\u00e9e sous la direction de Bernard Gagnebin et Marcel Raymond dans la Biblioth\u00e8que de la Pl\u00e9iade (Paris, Gallimard, 1959). \u00bb<\/p>\n<h3><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-285 size-full\" src=\"http:\/\/www.rvdv.net\/circonstances\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2026\/09\/le-billet-R-copie.jpg\" alt=\"\" width=\"1683\" height=\"1190\" srcset=\"https:\/\/www.rvdv.net\/circonstances\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2026\/09\/le-billet-R-copie.jpg 1683w, https:\/\/www.rvdv.net\/circonstances\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2026\/09\/le-billet-R-copie-300x212.jpg 300w, https:\/\/www.rvdv.net\/circonstances\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2026\/09\/le-billet-R-copie-768x543.jpg 768w, https:\/\/www.rvdv.net\/circonstances\/wp-content\/uploads\/sites\/12\/2026\/09\/le-billet-R-copie-1536x1086.jpg 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 1683px) 100vw, 1683px\" \/><\/h3>\n<h3>L&rsquo;agent R.<\/h3>\n<p>Pour distribuer sur Internet le \u00ab billet circulaire \u00bb de Rousseau, un agent intelligent a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u.<\/p>\n<p>\u00c0 partir d&rsquo;un site quelconque, rep\u00e9rant les liens de pages en pages et vers d&rsquo;autres sites, l&rsquo;agent R. explore les pages HTML \u00e0 la recherche des adresses \u00e9lectroniques.<\/p>\n<p>Ces adresses sont s\u00e9lectionn\u00e9es selon la physionomie de leur nom : il doit, pour \u00eatre \u00ab plaisante \u00bb, pr\u00e9senter une sym\u00e9trie autour d&rsquo;une consonne redoubl\u00e9e, comme dans Rousseau, ou Dudding (le pseudonyme pris par Rousseau lors de sa rencontre avec Madame de Larnage), ou Vaussore (son pseudonyme de musicien inspir\u00e9 de Venture de Villeneuve), ou encore Levasseur (le nom de Th\u00e9r\u00e8se).<\/p>\n<p>Les \u00ab personnes \u00bb ainsi choisies re\u00e7oivent automatiquement l&rsquo;extrait du \u00ab billet circulaire \u00bb. Elles peuvent conna\u00eetre son origine et son signataire en se connectant \u00e0 ce site.<\/p>\n<p>La liste des adresses rapport\u00e9es \u00e0 ce jour par l&rsquo; agent R. peut \u00eatre consult\u00e9e.<\/p>\n<p>De bonnes raisons doivent toujours \u00eatre \u00e9cout\u00e9es sur tout de la part d&rsquo;un accus\u00e9 qui se deffend ou d&rsquo;un opprim\u00e9 qui se plaint ; et si je n&rsquo;ai rien de solide \u00e0 dire, que ne me laisse-t-on parler en libert\u00e9! C&rsquo;est le plus sur moyen de d\u00e9crier tout \u00e0 fait ma cause et de justifier pleinement mes accusateurs. Mais tant qu&rsquo;on m&#8217;emp\u00eachera de parler ou qu&rsquo;on refusera de m&rsquo;entendre, qui pourra jamais sans t\u00e9m\u00e9rit\u00e9 prononcer que je n&rsquo;avois rien \u00e0 dire?<br \/>\nJJR.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/labart.univ-paris8.fr\/vo\/BILLET\/JJRbillet.html\">http:\/\/labart.univ-paris8.fr\/vo\/BILLET\/JJRbillet.html<\/a><\/p>\n<p>(Le lien qui accompagne le message donne acc\u00e8s aux pages que vous consultez ici.)<br \/>\nListe (non reprise ici) des adresses rapport\u00e9es \u00e0 ce jour par l&rsquo;agent R., o\u00f9 l&rsquo;extrait du \u00ab billet circulaire \u00bb (ci-dessus) a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab Son enjo\u00fbment, sa douceur, sa figure agr\u00e9able, m&rsquo;ont laiss\u00e9 de si fortes impressions, que je vois encore son air, son regard, son attitude; je me souviens de ses petits propos caressans : je dirois comment elle \u00e9toit v\u00e9tue et coeff\u00e9e, sans oublier les deux crochets que ses cheveux noirs faisoient sur ses tempes, selon la mode de ce tems-l\u00e0.<\/p>\n<p>Je suis persuad\u00e9 que je lui dois le gout ou plustot la passion pour la musique qui ne s&rsquo;est bien d\u00e9velopp\u00e9e en moi que longtemps apr\u00e8s. Elle savoit une quantit\u00e9 prodigieuse d&rsquo;airs et de chansons qu&rsquo;elle chantoit avec un filet de voix fort douce. La serenit\u00e9 d&rsquo;ame de cette excellente fille \u00e9loignoit d&rsquo;elle et de tout ce qui l&rsquo;environnoit la r\u00eaverie et la tristesse. L&rsquo;attrait que son chant avoit pour moi fut tel que non seulement plusieurs de ses chansons me sont toujours rest\u00e9es dans la m\u00e9moire; mais qu&rsquo;il m&rsquo;en revient m\u00eame, aujourd&rsquo;hui que je l&rsquo;ai perdue, qui, totalement oubli\u00e9es depuis mon enfance, se retracent \u00e0 mesure que je vieillis, avec un charme que je ne puis exprimer. Diroit-on que moi, vieux radoteur, rong\u00e9 de soucis et de peines, je me surprends quelquefois \u00e0 pleurer comme un enfant en marmotant ces petits airs d&rsquo;une voix d\u00e9ja cass\u00e9e et tremblante ? Il y en a un surtout qui m&rsquo;est bien revenu tout entier, quant \u00e0 l&rsquo;air; mais la seconde moiti\u00e9 des paroles s&rsquo;est constamment refus\u00e9e \u00e0 tous mes efforts pour ma la rappeler, quoiqu&rsquo;il m&rsquo;en revienne confus\u00e9ment les rimes. Voici le commencement, et ce que j&rsquo;ai pu me rappeler du reste.<\/p>\n<p>Tircis, je n&rsquo;ose<br \/>\nEcouter ton Chalumeau<br \/>\nsous l&rsquo;Ormeau;<br \/>\nCar on en cause<br \/>\nD\u00e9ja dans n\u00f4tre hameau.<br \/>\n&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.<br \/>\n&#8230;&#8230;. un berger<br \/>\n&#8230;&#8230;. s&rsquo;engager<br \/>\n&#8230;&#8230;. sans danger;<br \/>\nEt toujours l&rsquo;\u00e9pine est sous la rose.<\/p>\n<p>Je cherche o\u00f9 est le charme attendrissant que mon coeur trouve \u00e0 cette chanson : c&rsquo;est un caprice auquel je ne comprends rien ; mais il m&rsquo;est de toute impossibilit\u00e9 de la chanter jusqu&rsquo;\u00e0 la fin, sans \u00eatre arr\u00eat\u00e9 par mes larmes. J&rsquo;ai cent fois projett\u00e9 d&rsquo;\u00e9crire \u00e0 Paris pour faire chercher le reste des paroles, si tant est que quelqu&rsquo;un les connoisse encore. Mais je suis presque s\u00fbr que le plaisir que je prends \u00e0 me rappeler cet air s&rsquo;\u00e9vanouiroit en partie, si j&rsquo;avois la preuve que d&rsquo;autres que ma pauvre tante Suson l&rsquo;ont chant\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>Jean-Jacques Rousseau<br \/>\n<em>Les Confessions, \u0152uvres compl\u00e8tes I<\/em>, La Pl\u00e9iade, p. 11.<\/p>\n<p>Le texte de la chanson a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 dans les \u0152uvres compl\u00e8tes \u00e9dit\u00e9es par G. Petitain \u00e0 Paris en 1839.<\/p>\n<p>Tircis, je n&rsquo;ose<br \/>\nEcouter ton Chalumeau<br \/>\nsous l&rsquo;Ormeau;<br \/>\nCar on en cause<br \/>\nD\u00e9ja dans n\u00f4tre hameau.<br \/>\nUn coeur s&rsquo;expose<br \/>\nA trop s&rsquo;engager<br \/>\nAvec un berger<br \/>\nEt toujours l&rsquo;\u00e9pine est sous la rose.<\/p>\n<p>La partition dont nous servons ici pour cette interpr\u00e9tation originale a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e, \u00e0 partir d&rsquo;une \u00e9dition de 1833, par Philip Robinson, dans \u00ab Jean-Jacques Rousseau, Aunt Suzanne, and Solo Song \u00bb, Modern Language Review, University of Kent at Canterbury, N\u00b073, 1978; \u00e9tude compl\u00e9t\u00e9e dans \u00ab More on Rousseau, Aunt Suzanne and Solo Song \u00bb, Modern Language Review, University of Kent at Canterbury, N\u00b074, 1979.<\/p>\n<p>Remerciements \u00e0 la Biblioth\u00e8que d&rsquo;\u00c9tudes rousseauistes &#8211; Mus\u00e9e J.-J. Rousseau &#8211; de Montmorency.<\/p>\n<p>Bibliographie :<br \/>\nAlain Grosrichard, \u00ab L&rsquo;Air de Venise \u00bb, <i>Ornicar ?<\/i>, N\u00b0 25, 1982.<br \/>\nLouis Marin, \u00ab Un filet de voix fort douce&#8230; \u00bb, <i>La Voix excommuni\u00e9e<\/i>, Galil\u00e9e, Paris, 1981.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9crits de Jean-Jacques Rousseau HISTOIRE DU PR\u00c9CEDENT ECRIT (Extraits) \u00ab Pour trouver un confident fidelle il auroit fallu l&rsquo;aller chercher loin de moi parmi ceux dont je ne pouvois approcher. Mon esperance \u00e9toit donc vaine, toutes mes mesures \u00e9toient fausses, tous mes soins \u00e9toient inutiles, et je devois \u00eatre s\u00fbr que l&rsquo;usage le moins criminel &hellip; <a href=\"https:\/\/www.rvdv.net\/circonstances\/1997-le-billet-circulaire\/288-2\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Documents de travail<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":188,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-288","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.rvdv.net\/circonstances\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/288","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.rvdv.net\/circonstances\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.rvdv.net\/circonstances\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rvdv.net\/circonstances\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rvdv.net\/circonstances\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=288"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.rvdv.net\/circonstances\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/288\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":300,"href":"https:\/\/www.rvdv.net\/circonstances\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/288\/revisions\/300"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.rvdv.net\/circonstances\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/188"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.rvdv.net\/circonstances\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=288"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}