{"id":387,"date":"2026-04-01T13:58:33","date_gmt":"2026-04-01T11:58:33","guid":{"rendered":"https:\/\/www.rvdv.net\/leurslumieres\/?page_id=387"},"modified":"2026-04-01T14:03:39","modified_gmt":"2026-04-01T12:03:39","slug":"21-2","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.rvdv.net\/leurslumieres\/page-d-exemple\/21-2\/","title":{"rendered":"21. Paul Virilio. Le mur de la lumi\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p>Ce texte, dat\u00e9 du 10 octobre 2000, a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans <a href=\"http:\/\/www.pol-editeur.com\/index.php?spec=livre&amp;ISBN=978-2-86744-830-0\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>Trafic<\/em> n\u00b0 37<\/a>, printemps 2001. <a href=\"http:\/\/www.pol-editeur.com\/index.php?spec=auteur&amp;numauteur=51\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Serge Daney<\/a> fonde la revue <em>Trafic<\/em>, en 1991: \u00abil se peut qu\u2019il faille avoir un peu d\u2019ambition philosophique, un peu de souci historique pour cet objet tr\u00e8s r\u00e9sistant, le cin\u00e9ma. D\u2019o\u00f9 <em>Trafic<\/em>.\u00bb Il meurt en 1992.\u00a0 Paul Virilio revient dans ce num\u00e9ro de <em>Trafic<\/em>, consacr\u00e9 \u00e0 Daney, \u2014 \u00abSerge Daney, apr\u00e8s, avec\u00bb \u2014 \u00a0sur leurs analyses conjugu\u00e9es du m\u00e9dia t\u00e9l\u00e9visuel, \u00e0 l\u2019heure de la premi\u00e8re guerre du Golfe (1991): \u00abAvec cette t\u00e9l\u00e9surveillance g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, la grande guerre internationale s\u2019\u00e9tait d\u00e9plac\u00e9e, du champ de vision des combattants au champ de t\u00e9l\u00e9vision des t\u00e9l\u00e9spectateurs. Le stade des jeux du cirque \u00e9tait devenu une r\u00e9gie-vid\u00e9o, un MUR DE LUMI\u00c8RE.\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">\u00abEn l\u2019absence de temps, ce qui est nouveau ne renouvelle rien.\u00bb<br \/>\nMaurice Blanchot<\/p>\n<p>La guerre du Golfe? Quelle f\u00e9erie, quelle fin de party! Alors que le mur de Berlin venait tout juste de tomber, que Samuel Beckett venait de nous quitter, c\u2019\u00e9tait la grande illusion de la guerre froide qui s\u2019effa\u00e7ait \u00e0 son tour.<\/p>\n<p>Pour le monde \u00e9bloui, c\u2019\u00e9tait le matin des magiciens am\u00e9ricains avec son cort\u00e8ge de leurres, de contre-mesures \u00e9lectroniques, mais surtout son grand bluff technologique.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s les feux d\u2019artifice pyrotechniques de l\u2019artillerie lourde et du bombardement atomique, un conflit majeur se donnait en spectacle AT HOME, \u00e0 domicile!<\/p>\n<p>Guerre m\u00e9diatique qui illustrait les d\u00e9g\u00e2ts du progr\u00e8s militaro-industriel mais aussi ceux des exc\u00e8s \u00ab\u00a0militaro-informationnels\u00a0\u00bb, de cette culture de masse dont l\u2019Am\u00e9rique a le secret.<\/p>\n<p>Pour Serge Daney comme pour moi, il s\u2019agissait maintenant de couvrir la guerre au jour le jour, mais en pleine nuit \u2013 cette salle obscure plan\u00e9taire qui vaut bien tous les cin\u00e9mas r\u00e9unis. Pleine nuit, plein cadre, la t\u00e9l\u00e9vision au pied du lit! Pour nous, comme pour les millions d\u2019autres au m\u00eame moment, c\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9blouissement nocturne d\u2019une guerre retrouv\u00e9e apr\u00e8s quarante ans de dissuasion.<\/p>\n<p>Soudain, c\u2019\u00e9tait \u00abl\u2019\u00e9cran du d\u00e9sert\u00bb, ce d\u00e9sert cathodique d\u2019une t\u00e9l\u00e9vision LIVE qui pr\u00e9tendait servir chaud (SHOW) la v\u00e9rit\u00e9 des combats, l\u2019atrocit\u00e9 des bombardements sur Bagdad ou Bassorah\u2026<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce aux disc-jockeys de CNN, la t\u00e9l\u00e9 c\u2019\u00e9tait un peu comme ce t\u00e9l\u00e9phone qui vous r\u00e9veille en sursaut, on r\u00e2le mais on sait bien que c\u2019est un appel important d\u2019un importun, qui a oubli\u00e9 les fuseaux horaires.<\/p>\n<p>La <em>t\u00e9l\u00e9vision<\/em> et le <em>t\u00e9l\u00e9phone<\/em>, Daney l\u2019avait devin\u00e9, c\u2019\u00e9tait d\u00e9sormais la m\u00eame chose. La <em>visiophonie<\/em>, Cable News Network venait sinon de l\u2019inventer, du moins de la populariser, bien avant l\u2019essor des LIVECAM sur internet.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la nuit du chasseur, c\u2019\u00e9tait soudain la \u00abnuit du zappeur\u00bb. Insomnie contre amn\u00e9sie, il s\u2019agissait maintenant de traquer les faits invisibles derri\u00e8re les m\u00e9faits audiovisibles.<\/p>\n<p>Dans la seconde livraison de <em>Trafic<\/em>, on pouvait m\u00eame lire cette phrase pr\u00e9monitoire: LA GUERRE DU GOLFE A TU\u00c9 LA T\u00c9L\u00c9VISION.<br \/>\nC\u2019\u00e9tait aussi notre impression, mais nous n\u2019avions pas compris que la t\u00e9l\u00e9vision venait aussi d\u2019entra\u00eener dans sa chute la guerre \u2014ouvrant ainsi \u00e0 deux battants l\u2019INFO-WAR, la guerre de l\u2019information.<\/p>\n<p>Un mois durant, le trafic d\u2019influence des images nous a fascin\u00e9s, Serge et moi, avant de nous lasser, comme tout le monde\u2026<\/p>\n<p>La fum\u00e9e des b\u00fbchers fun\u00e9raires des puits de p\u00e9trole kowe\u00eftiens signalant, peut-\u00eatre, la fin de la guerre majeure, au profit de l\u2019end\u00e9mie d\u2019une guerre mineure mais \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition infinie, voire d\u2019une \u00abguerre civile mondiale\u00bb dont le lancement du <em>march\u00e9 unique<\/em> allait bient\u00f4t montrer les dangers.<\/p>\n<p>D\u00e9mesure pour d\u00e9mesure, les chefs d\u2019Etats t\u00e9l\u00e9phonaient leurs coups. Gr\u00e2ce au pool \u00abPentagone-CNN\u00bb, George Bush et Saddam Hussein pouvaient s\u2019envoyer des signaux, pratiquer la n\u00e9gociation-spectacle, en exhibant des otages comme Hussein, ou en jouant ostensiblement au golf, comme George Bush.<\/p>\n<p>Avec Peter Arnet aux manettes du studio, la machinerie autrefois secr\u00e8te de la diplomatie pr\u00e9tendait devenir visible, audiovisible, alors que les bombardiers devenaient discrets, invisibles\u2026<\/p>\n<p>Bien avant <em>la tyrannie du court terme<\/em> des march\u00e9s financiers globalis\u00e9s, d\u00e9butait au pied d\u2019un Mur d\u00e9truit la <em>tyrannie du temps r\u00e9el<\/em> de l\u2019information-spectacle, le REALITY-SHOW s\u2019appr\u00eatant \u00e0 supplanter d\u00e9finitivement la COLD WAR.<\/p>\n<p>*<\/p>\n<p>La guerre est un art \u00e0 part enti\u00e8re, <em>un art total qui contient tous les autres<\/em>, \u00e0 l\u2019instar d\u2019un cin\u00e9ma, dont Abel Gance regrettait am\u00e8rement qu\u2019il n\u2019ait pas invent\u00e9 sa bombe atomique\u2026<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce au conflit du Golfe, cette omission volontaire serait d\u00e9sormais r\u00e9par\u00e9e, puisque CNN venait justement de faire exploser sa bombe A.<br \/>\nAu Koweit, le <em>champ de bataille<\/em> \u00e9tait soudain devenu un champ de perception \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la mondialisation. Avec cette t\u00e9l\u00e9surveillance g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, la grande guerre internationale s\u2019\u00e9tait d\u00e9plac\u00e9e, du champ de vision des combattants au champ de t\u00e9l\u00e9vision des t\u00e9l\u00e9spectateurs.<\/p>\n<p>Le stade des jeux du cirque \u00e9tait devenu une r\u00e9gie-vid\u00e9o, un MUR DE LUMI\u00c8RE.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 cette fin du 20e si\u00e8cle, toutes les guerres n\u2019\u00e9taient encore que des GUERRES-MATI\u00c8RE, des guerres de mat\u00e9riel, comme on dit, o\u00f9 la soldatesque et son armada dominaient la bataille, et ceci, depuis l\u2019Antiquit\u00e9 jusqu\u2019aux conflits contemporains.<\/p>\n<p>\u00c0 partir de l\u2019\u00e8re nucl\u00e9aire, \u00abtout est r\u00e9gi par l\u2019\u00e9clair (1)\u00bb. La guerre transnationale devient une GUERRE-LUMI\u00c8RE o\u00f9 l\u2019instantan\u00e9it\u00e9 et l\u2019ubiquit\u00e9 ne permettent plus de distinguer, comme jadis, l\u2019offensive de la d\u00e9fensive, le dedans du dehors, mais, surtout les <em>civils<\/em> des <em>militaires<\/em>.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 locale puis nationale, et enfin mondiale, la guerre devient globale \u2014plus exactement GLOCALE\u2014, d\u00e9localis\u00e9e \u00e0 l\u2019exemple des firmes industrielles de l\u2019\u00e8re de la mondialisation \u00e9conomique.<\/p>\n<p>D\u2019o\u00f9 ce d\u00e9passement probable, demain, de la \u00abguerre militaire\u00bb par la \u00abguerre civile\u00bb; une guerre intestine en voie de g\u00e9n\u00e9ralisation comme l\u2019avait \u00e9t\u00e9, au cours du 20e si\u00e8cle, la guerre des arm\u00e9es nationales. Constat de faillite du politique ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment du g\u00e9opolitique: apr\u00e8s la guerre froide entre l\u2019Est et l\u2019Ouest gagn\u00e9e par les Etats-Unis, la guerre chaude n\u2019aboutit plus \u00e0 l\u2019\u00e9limination de l\u2019ennemi, la correction publique suffit!<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, on comprend mieux l\u2019importance extr\u00eame, non plus d\u2019un espace public (en voie de privatisation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e), mais de l\u2019<em>image publique<\/em> de cet \u00c9CRAN qui concentre peu \u00e0 peu tous les pouvoirs.<\/p>\n<p>\u00c9cran multim\u00e9diatique d\u2019internet ou de ces multinationales (telle AOL-TIME-WARNER) qui contr\u00f4lent \u00e0 la fois les ordinateurs, le t\u00e9l\u00e9phone et la t\u00e9l\u00e9vision.<\/p>\n<p>Mais en fait, un \u00e9cran, c\u2019est quoi? sinon le lieu <em>de projection de la lumi\u00e8re et des image<\/em>s: celles des MIRAGES du d\u00e9sert g\u00e9ophysique, comme celles du CIN\u00c9MA ou des nouveaux MASS-M\u00c9DIAS.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9cran, c\u2019est encore <em>le lieu de projections de force de l\u2019\u00e9nergie<\/em>, depuis le d\u00e9sert du Nouveau-Mexique, en 1945, avec la premi\u00e8re explosion atomique exp\u00e9rimentale, jusqu\u2019\u00e0 cette guerre du Golfe o\u00f9 l\u2019\u00e9cran des d\u00e9serts irakien et kowe\u00eftien s\u2019\u00e9tait associ\u00e9 aux \u00e9crans de t\u00e9l\u00e9vision du monde entier gr\u00e2ce \u00e0 CNN, ou plus exactement, au POOL CNN-PENTAGONE, ce complexe militaro-informationnel qui allait bient\u00f4t conditionner la g\u00e9ostrat\u00e9gie des nations.<\/p>\n<p>\u00ab<em>La plus grande gloire d\u2019un \u00c9tat est de faire de ses fronti\u00e8res un vaste d\u00e9sert<\/em>\u00bb, expliquait d\u00e9j\u00e0 Jules C\u00e9sar\u2026 Aujourd\u2019hui, le \u00abd\u00e9sert des d\u00e9serts\u00bb, c\u2019est l\u2019\u00e9cran, tous les \u00e9crans, du plus petit, celui du t\u00e9l\u00e9phone portable, jusqu\u2019aux plus grands, ceux des stades olympiques.<br \/>\n<em><br \/>\nL\u2019\u00e9cran, c\u2019est la nouvelle fronti\u00e8re am\u00e9ricaine<\/em>, l\u00e0 o\u00f9 le chemin de fer de la Western Union s\u2019\u00e9tait \u00e9chou\u00e9 sur les rivages du Pacifique, le r\u00e9seau internet d\u00e9finit une ultime limite qui ne situe plus dans l\u2019<em>espace r\u00e9el<\/em> de la g\u00e9ographie d\u2019un continent mais dans l\u2019incontinence du <em>temps r\u00e9el<\/em> des t\u00e9l\u00e9communications cybern\u00e9tiques.<\/p>\n<p>*<\/p>\n<p>De fait, si la tyrannie du<em> court terme<\/em> est \u00e0 l\u2019\u00e9conomie ce que la tyrannie du <em>temps r\u00e9el<\/em> est \u00e0 la strat\u00e9gie de l\u2019\u00e8re de la communication, il faut en revenir d\u2019urgence, apr\u00e8s <em>l\u2019\u00e9cran<\/em>, \u00e0 <em>l\u2019\u00e9crit<\/em>, \u00e0 la critique d\u2019un syst\u00e8me qui domine d\u00e9sormais toutes nos repr\u00e9sentations.<\/p>\n<p>\u00ab<em>Pendant l\u2019occupation<\/em>, \u00e9crivait Serge Daney, <em>on ne parle pas de la r\u00e9sistance, or, aujourd\u2019hui, les m\u00e9dias, c\u2019est l\u2019occupation.<\/em>\u00bb<\/p>\n<p>Une anecdote illustrera ce propos, et surtout la position de Serge vis-\u00e0-vis du visuel.<\/p>\n<p>Lors de notre premi\u00e8re entrevue en 1983, au si\u00e8ge des Cahiers du cin\u00e9ma, Serge Daney m\u2019avait\u00a0 tr\u00e8s mal re\u00e7u. J\u2019\u00e9tais venu le voir, \u00e0 la demande de Jean Narboni, pour lui expliquer le th\u00e8me de mon essai Guerre et cin\u00e9ma. Peu convaincu par ma p\u00e9roraison au sujet du r\u00f4le primordial des pratiques cin\u00e9matographiques dans le d\u00e9roulement des derniers conflits mondiaux, Serge s\u2019\u00e9tait content\u00e9 de bougonner \u00e0 mon \u00e9gard quelques propos d\u00e9sagr\u00e9ables\u2026 En le quittant, passablement furieux, je jetai sur la table devant lui un exemplaire de mon livre Bunker Archeologie, en lui demandant de le remettre \u00e0 Jean Narboni.<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9 dans la cour quand Serge m\u2019interpella vivement: \u00ab<em>C\u2019est vous qui avez fait \u00e7a?<\/em> demanda-t-il, <em>\u00e7a m\u2019int\u00e9resse!<\/em>\u00bb<\/p>\n<p>En fait, ce qui l\u2019int\u00e9ressait, ce qui l\u2019avait convaincu, c\u2019\u00e9taient mes photos, r\u00e9sultat d\u2019une dizaine d\u2019ann\u00e9es de mission photographique sur les rivages d\u2019une Europe fortifi\u00e9e\u2026 mais contre sa libert\u00e9!<\/p>\n<p>Le visible d\u2019abord, le visuel ensuite, avant l\u2019<em>audiovisible<\/em>, et surtout bien avant l\u2019<em>audiovisuel<\/em>!<\/p>\n<p>Finalement, c\u2019\u00e9tait toute la question de cette fin de mill\u00e9naire que Serge Daney ne verrait jamais, lui que la nuit devait emporter dans sa toute derni\u00e8re chambre obscure.<\/p>\n<p>Sept ans apr\u00e8s cette entrevue, en 1990, au si\u00e8ge du journal <em>Lib\u00e9ration<\/em> cette fois, celui qui avait \u00e9dit\u00e9 <em>Guerre et cin\u00e9ma<\/em>revenait \u00e0 la charge et me demandait de couvrir avec lui <em>Guerre et t\u00e9l\u00e9vision<\/em>. Quelques ann\u00e9es plus t\u00f4t, il est vrai, je lui avais envoy\u00e9 l\u2019un des tout premiers REBONDS du journal, sur le conflit tchadien, intitul\u00e9 \u00abLa page blanche du d\u00e9sert\u00bb, o\u00f9 je signalais d\u00e9j\u00e0 quelques aspects particuliers de ce type d\u2019affrontement en rase campagne, mais sous l\u2019\u00e9clairage z\u00e9nithal des satellites espions\u2026 Pendant le long mois que dura donc la guerre du golfe Persique, Daney et moi \u00e9changions par t\u00e9l\u00e9phone nos impressions, nos analyses sur la t\u00e9l\u00e9vision, mais surtout notre trouble croissant devant ce trucage colossal des images et la faiblesse incroyable des commentaires.<\/p>\n<p>Le bluff t\u00e9l\u00e9g\u00e9nique \u00e9tait \u00e9vident, \u00e9blouissant, mais nous n\u2019avions par ailleurs aucune autre source de v\u00e9rification\u2026<\/p>\n<p>\u00c0 un certain moment, il avait \u00e9t\u00e9 m\u00eame question de partir l\u00e0-bas rejoindre le contingent fran\u00e7ais, mais l\u00e0 encore, c\u2019\u00e9tait du vent, le vent du d\u00e9sert des \u00e9crans! Pas de t\u00e9moignage DE VISU, pas de t\u00e9moins!<\/p>\n<p>Devant notre cr\u00e9neau, <em>le cr\u00e9neau horaire des \u00e9missions sp\u00e9cialis\u00e9es<\/em>, Serge et moi \u00e9tions un peu comme des guetteurs d\u00e9sabus\u00e9s, ne voyant rien venir, sinon le grand cirque des missiles de croisi\u00e8re, les jeux de cache-cache des avions furtifs\u2026<br \/>\n\u00abStrat\u00e9gie de la d\u00e9ception\u00bb ou \u00abd\u00e9sinformation grand public? L\u2019implication totale des mass-m\u00e9dias dans cette guerre signalait une mutation consid\u00e9rable de la conduite des op\u00e9rations militaires.<\/p>\n<p>La mise en sc\u00e8ne <em>en temps r\u00e9el<\/em> des antagonistes devenait soudain l\u2019un des principaux enjeux strat\u00e9giques de l\u2019apr\u00e8s-guerre du Proche-Orient.<\/p>\n<p>En guise de conclusion \u00e0 ces souvenirs d\u00e9sabus\u00e9s, une remarque: dans certaines r\u00e9gions africaines, les statues de bois pr\u00e9cieux poss\u00e8dent des yeux faits avec des coquillages. Selon l\u2019esp\u00e8ce choisie, leurs visages auront donc des \u00abyeux de bienveillance\u00bb ou des \u00abyeux de malveillance\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019ami Serge poss\u00e9dait les premiers, son regard envisageait toujours ce qui se cache dans ce qui s\u2019expose, ou <em>para\u00eet s\u2019exposer<\/em>.<\/p>\n<p>Note 1. H\u00e9raclite<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce texte, dat\u00e9 du 10 octobre 2000, a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans Trafic n\u00b0 37, printemps 2001. Serge Daney fonde la revue Trafic, en 1991: \u00abil se peut qu\u2019il faille avoir un peu d\u2019ambition philosophique, un peu de souci historique pour cet objet tr\u00e8s r\u00e9sistant, le cin\u00e9ma. D\u2019o\u00f9 Trafic.\u00bb Il meurt en 1992.\u00a0 Paul Virilio revient &hellip; <a href=\"https:\/\/www.rvdv.net\/leurslumieres\/page-d-exemple\/21-2\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">21. Paul Virilio. 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