{"id":38,"date":"2015-01-04T00:24:03","date_gmt":"2015-01-04T00:24:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.rvdv.net\/vincennes\/?page_id=38"},"modified":"2024-07-17T14:56:29","modified_gmt":"2024-07-17T12:56:29","slug":"article-du-monde","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.rvdv.net\/vincennes\/article-du-monde\/","title":{"rendered":"05. Un article du Monde"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-40\" src=\"https:\/\/www.rvdv.net\/vincennes\/wp-content\/uploads\/sites\/5\/2015\/01\/lemondefr_moy_bl.gif\" alt=\"lemondefr_moy_bl\" width=\"151\" height=\"27\" \/><\/p>\n<h2>\u00ab Un r\u00eave, deux facs \u00bb<\/h2>\n<p>Article paru dans l&rsquo;\u00e9dition du <em>Monde<\/em> du 30 Mai 2008<\/p>\n<p>Mai 68 a donn\u00e9 naissance \u00e0 deux universit\u00e9s, celle de Vincennes, devenue Saint-Denis, et Dauphine, \u00e0 Paris. Quarante ans plus tard, l&rsquo;une est la fac des plus pauvres, l&rsquo;autre celle des plus riches<\/p>\n<p>Incroyable mais vrai : la fac qui s\u00e9lectionne ses \u00e9tudiants, celle dont les dipl\u00f4m\u00e9s peuplent les entreprises du CAC 40, est n\u00e9e en 1968. Dauphine, qui a accueilli ses premiers \u00e9tudiants il y a quarante ans dans les quartiers chics du 16e arrondissement de Paris, est bien la s\u0153ur jumelle de Vincennes, d\u00e9plac\u00e9e en 1980 \u00e0 Saint-Denis, enfant terrible du mouvement de Mai, dont on sait mieux \u00e0 quel point elle bouscula les codes universitaires.<!--more--><\/p>\n<p>Difficile d&rsquo;imaginer que deux fruits aussi dissemblables, n\u00e9s de la volont\u00e9 politique du ministre de l&rsquo;\u00e9ducation nationale de l&rsquo;\u00e9poque, Edgar Faure, ont pouss\u00e9 sur le m\u00eame arbre. Saint-Denis, devenue Paris-VIII, recrute un quart de ses 21 600 \u00e9tudiants en Seine-Saint-Denis, le d\u00e9partement le plus pauvre de France. Rien \u00e0 voir avec Dauphine, aujourd&rsquo;hui Paris-IX, o\u00f9 51 % des 8 700 \u00e9tudiants proviennent d&rsquo;une famille de cadres sup\u00e9rieurs. A Paris-VIII, les sciences humaines et leurs maigres d\u00e9bouch\u00e9s, \u00e0 Dauphine la gestion et la finance, garantie de placements record.<\/p>\n<p>Tout les oppose. Et pourtant, toutes deux se sont b\u00e2ties dans l&rsquo;effervescence intellectuelle du moment. A gauche toute. \u00ab Disons que nous \u00e9tions dans un Vincennes soft \u00bb, r\u00e9sume Herv\u00e9 Hamon, ancien directeur du d\u00e9partement d&rsquo;\u00e9ducation permanente, qui a commenc\u00e9 sa carri\u00e8re \u00e0 Dauphine comme assistant. Avec quelques autres cathos de gauche, il d\u00e9barque alors de la fac de droit d&rsquo;Assas, ultraconservatrice, aux c\u00f4t\u00e9s du professeur d&rsquo;\u00e9conomie Hubert Brochier, une r\u00e9f\u00e9rence intellectuelle \u00e0 gauche. Assistant lui aussi, Jean-Paul Piriou, qui passe pour le \u00ab Cohn-Bendit de la fac de droit \u00bb, est un autre de ces militants qui plaident Pour une universit\u00e9 critiq ue, titre d&rsquo;un manifeste de 130 pages dont il est l&rsquo;un des auteurs. Un an plus tard, il est \u00ab vir\u00e9 avec quelques autres vacataires \u00bb, mais les id\u00e9es feront leur chemin. Elles seront mises en musique par quelques \u00e9conomistes comme Alain Cotta, et surtout Pierre Tabatoni, impr\u00e9gn\u00e9s de la vision anglo-saxonne des sciences des organisations, tr\u00e8s novatrice \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque.<\/p>\n<p>Premi\u00e8re de ces inspirations communes \u00e0 Dauphine et Vincennes : l&rsquo;Am\u00e9rique. Ce sont les membres de l&rsquo;Institut d&rsquo;anglais de la Sorbonne &#8211; dont H\u00e9l\u00e8ne Cixous &#8211; qui sont \u00e0 l&rsquo;origine du projet de centre universitaire exp\u00e9rimental construit sur les terrains militaires de Vincennes. D\u00e8s la premi\u00e8re ann\u00e9e, les enseignants du d\u00e9partement anglo-am\u00e9ricain proposent des cours prenant en compte les besoins des entreprises ! Aux c\u00f4t\u00e9s des universitaires en rupture avec l&rsquo;acad\u00e9misme de la Sorbonne, on trouve ceux qui sont en rupture tout court. Mao\u00efstes en sociologie et en philosophie, trotskistes en sciences politiques&#8230; en quelques semaines, Vincennes devient la tour de Babel du gauchisme, tandis que les communistes tiennent la caisse : \u00ab Ils g\u00e9raient l&rsquo;universit\u00e9, pr\u00e9cise Francine Demichel, pr\u00e9sidente de Paris-VIII de 1987 \u00e0 1991. La plupart des pr\u00e9sidents \u00e9taient encore, ou avaient \u00e9t\u00e9, encart\u00e9s. \u00bb<\/p>\n<p>Dauphine devient universit\u00e9 de plein exercice en 1970, Vincennes en 1971. De part et d&rsquo;autre, la p\u00e9dagogie se veut diff\u00e9rente. Moins r\u00e9volutionnaire que sa jumelle, Dauphine rompt tout de m\u00eame avec les canons de l&rsquo;\u00e9poque : pas de cours en amphi, pas d&rsquo;examens, pas de sp\u00e9cialisation pr\u00e9coce. Une joyeuse pagaille r\u00e8gne dans le b\u00e2timent de l&rsquo;OTAN &#8211; partie pour Bruxelles -, habilement r\u00e9quisitionn\u00e9 par Edgar Faure, pour y installer la petite derni\u00e8re des universit\u00e9s parisiennes. La p\u00e9dagogie par petits groupes sur laquelle Dauphine a b\u00e2ti sa r\u00e9putation est d&rsquo;ailleurs en partie dict\u00e9e par les locaux. \u00ab A part le grand amphi de l&rsquo;\u00e9tat-major, il n&rsquo;y a que des petites salles&#8230; \u00bb, se souvient Anne-Marie Charles, ma\u00eetre de conf\u00e9rences honoraire en maths.<\/p>\n<p>Le contr\u00f4le continu fait loi. Les examens ne s&rsquo;imposeront que vers la fin des ann\u00e9es 1970, en d\u00e9pit d&rsquo;une \u00e9ni\u00e8me gr\u00e8ve \u00e9tudiante. Mais quand Dauphine propose, comme le r \u00e9sume Dominique Damamme, professeur de sciences politiques, ! \u00ab un menu \u00bb \u00e0 ses \u00e9tudiants, Vincennes opte d&#8217;embl\u00e9e pour des \u00e9tudes \u00ab \u00e0 la carte \u00bb.<\/p>\n<p>La fac de Gilles Deleuze et F\u00e9lix Guattari, deux des ma\u00eetres \u00e0 penser de Mai 68, est \u00e0 l&rsquo;origine des fameuses \u00ab UV \u00bb (unit\u00e9 de valeur), syst\u00e8me qui sera \u00e9tendu \u00e0 l&rsquo;ensemble de la France. Vincennes va plus loin en acceptant les non-bacheliers, attir\u00e9s par les Foucault, Lyotard, Ch\u00e2telet&#8230; Les nouvelles disciplines, cin\u00e9ma, psychologie, th\u00e9\u00e2tre, arts plastiques, communication, sont tr\u00e8s courues. Le dipl\u00f4me appara\u00eet forc\u00e9ment comme secondaire, presque la moiti\u00e9 des \u00e9tudiants (43 %) sont des salari\u00e9s \u00e0 plein temps et trentenaires. En philosophie, le mao\u00efste Alain Badiou promet l&rsquo;UV \u00ab La science dans la lutte des classes \u00bb \u00e0 \u00ab ceux qui auront condens\u00e9 leur pens\u00e9e philosophique dans un bombage ou dans une inscription murale, ceux qui ne sont jamais venus mais qui ont ainsi montr\u00e9 par leur absence un d\u00e9tachement louable des choses de ce monde et une m\u00e9ditation profonde \u00bb.<\/p>\n<p>Les ann\u00e9es 1 980 marquent un tournant. Normalisation progressive et en accord avec l&rsquo;air du temps pour Dauphine, mise au pas politique pour la turbulente Vincennes. En 1978, Edgar Faure, devenu pr\u00e9sident de l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale, dresse un bilan \u00e9logieux de l&rsquo;universit\u00e9 de Vincennes. Les effectifs n&rsquo;ont cess\u00e9 de cro\u00eetre jusqu&rsquo;\u00e0 atteindre 32 969 \u00e9tudiants pour 7 500 places pr\u00e9vues. Il \u00e9voque la n\u00e9cessit\u00e9 de cr\u00e9er d&rsquo;autres Vincennes. Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;avis de la ministre des universit\u00e9s, Alice Saunier-Se\u00eft\u00e9.<\/p>\n<p>En 1980, le bail pass\u00e9 avec l&rsquo;arm\u00e9e pour l&rsquo;occupation des terrains arrive \u00e0 expiration, d\u00e9cision est prise de d\u00e9m\u00e9nager l&rsquo;universit\u00e9. \u00ab Alice Saunier-Se\u00eft\u00e9 voulait la tuer, explique Francine Demichel. Vincennes, qui disposait de locaux spacieux, se retrouve plus qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9troit dans ceux d&rsquo;un IUT \u00e0 Saint-Denis. \u00bb Il s&rsquo;agit de faire d&rsquo;une pierre deux coups : refiler la patate chaude \u00e0 une municipalit\u00e9 communiste et atteindre le moral des gauchistes en les coin\u00e7ant entre l&rsquo;avenue L\u00e9nine et le boulevard Staline. V\u00e9cu comme un deuil, le d\u00e9m\u00e9nagement sonne la fin de l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;or. Ses effectifs chutent.<\/p>\n<p>A Dauphine, la pr\u00e9sidence exerc\u00e9e par Henri T\u00e9zenas du Montcel positionne l&rsquo;universit\u00e9 \u00e0 droite. En 1984, il d\u00e9missionne pour ne pas avoir \u00e0 appliquer la loi Savary, du nom du ministre de l&rsquo;\u00e9ducation du gouvernement de gauche de l&rsquo;\u00e9poque. Les temps changent : les m\u00eames assistants qui d\u00e9fendaient un mod\u00e8le alternatif d&rsquo;universit\u00e9 peaufinent un syst\u00e8me pour en finir avec la d\u00e9rive du \u00ab premier arriv\u00e9, premier servi \u00bb. Car le succ\u00e8s de Dauphine est tel que \u00ab des queues interminables se formaient d\u00e8s la nuit la veille des inscriptions \u00bb.<\/p>\n<p>La s\u00e9lection s&rsquo;impose. Sans \u00e9tats d&rsquo;\u00e2me. D&rsquo;abord sur la base des mentions au bac, puis sur un mode plus solide. Les matheux de Dauphine, un peu potaches, inventent le Bol\u00e9ro, acronyme de Bonne orientation des lyc\u00e9ens et r\u00e9ussite de l&rsquo;op\u00e9ration Ravel. Ils esp\u00e8rent ainsi \u00e9chapper \u00e0 Ravel, le syst\u00e8me de sectorisation impos\u00e9 aux \u00e9tudiants et aux universit\u00e9s. Dauphine continue de danser le Bol\u00e9ro pendant des ann\u00e9es, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que des avocats trouvent une faille : \u00ab A la rentr\u00e9e 2002, j&rsquo;ai trouv\u00e9 plus de 100 recours sur mon bureau. Il y avait deux moyens d&rsquo;entrer \u00e0 Dauphine : suivre la proc\u00e9dure s\u00e9lective ou faire un recours au tribunal administratif, recours que nous \u00e9tions s\u00fbrs de perdre &#8230; \u00bb, raconte Bernard de Montmorillon, pr\u00e9sident de 1999 \u00e0 2007. En 2004, celui-ci obtint pour l&rsquo;universit\u00e9 un statut de grand \u00e9tablissement qui permet de s\u00e9lectionner d\u00e9sormais en toute l\u00e9galit\u00e9. Paradoxal mais vrai : la s\u00e9lection a plut\u00f4t \u00e9largi le panel social des \u00e9tudiants. De plus, l&rsquo;application stricte de la sectorisation aurait sans doute accru l&rsquo;absence de mixit\u00e9 sociale, la fac \u00e9tant situ\u00e9e dans les quartiers bourgeois.<\/p>\n<p>A Saint-Denis, hormis les sections cin\u00e9ma et arts, fili\u00e8res d&rsquo;excellence qui font la part belle aux enfants de cadres sup\u00e9rieurs et professions lib\u00e9rales, la fac recrute parmi les lyc\u00e9ens de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne. Con trairement \u00e0 leurs a\u00een\u00e9s, ils ne n\u00e9gligent ni les examens, n! i les notes, ni les stages. Retour de situation : \u00ab Du cours d&rsquo;\u00e9conomie marxiste avant 1980, on est pass\u00e9 au cours de gestio n \u00bb, constate le sociologue et enseignant de Paris-VIII Charles Souli\u00e9.<\/p>\n<p>Quarante ans apr\u00e8s, que reste-t-il de l&rsquo;esprit de Mai ? Les deux facs ont gard\u00e9 en commun de rester des exceptions dans le paysage universitaire fran\u00e7ais. A Dauphine, chacun loue le \u00ab droit \u00e0 l&rsquo;initiative \u00bb dont b\u00e9n\u00e9ficient les profs. \u00ab Si vous avez un projet, vous pouvez le mener \u00e0 bien \u00bb, assure Herv\u00e9 Hamon. Mais l&rsquo;h\u00e9ritage principal de Mai 68 &#8211; exister en tant qu&rsquo;universit\u00e9 &#8211; para\u00eet, pour certains, menac\u00e9. Dans une fac o\u00f9 la gestion devient pr\u00e9pond\u00e9rante, le d\u00e9partement de maths, reconnu pour l&rsquo;excellence de son laboratoire, craint de voir l&rsquo;universit\u00e9 se transformer en business school. Apr\u00e8s avoir obtenu la s\u00e9lection, Dauphine et son actuel pr\u00e9sident, Laurent Batsch, veulent augmenter les droits d&rsquo;inscription des \u00e9tudiants pour mieux \u00ab affronter la concurrence internationale \u00bb.<\/p>\n<p>A Paris-VIII, les enseignants-chercheurs appr\u00e9cient une hi\u00e9rarchie moins pesante, un go\u00fbt du d\u00e9bat affirm\u00e9, une excellence revendiqu\u00e9e en recherche en sciences humaines et sociales. Leur fac est rest\u00e9e militante mais son \u00ab objet \u00bb politique s&rsquo;est d\u00e9plac\u00e9 : il ne s&rsquo;agit plus de changer le monde mais de donner sa chance \u00e0 une population a priori exclue de l&rsquo;enseignement sup\u00e9rieur. \u00ab Au d\u00e9part, nous avions une universit\u00e9 atypique exp\u00e9rimentale qui ne voulait pas se situer parmi les autres, explique Francine Demichel. Aujourd&rsquo;hui, elle n&rsquo;est pas comme les autres, mais doit se situer dans le paysage du sup\u00e9rieur. \u00bb<\/p>\n<p>Dans un cas comme dans l&rsquo;autre, chacune cherche (encore) son \u00e2me.<\/p>\n<p>Copyright <em>Le Monde<\/em> 2008<br \/>\nDroits de reproduction et de diffusion r\u00e9serv\u00e9s<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Un r\u00eave, deux facs \u00bb Article paru dans l&rsquo;\u00e9dition du Monde du 30 Mai 2008 Mai 68 a donn\u00e9 naissance \u00e0 deux universit\u00e9s, celle de Vincennes, devenue Saint-Denis, et Dauphine, \u00e0 Paris. Quarante ans plus tard, l&rsquo;une est la fac des plus pauvres, l&rsquo;autre celle des plus riches Incroyable mais vrai : la fac &hellip; <a href=\"https:\/\/www.rvdv.net\/vincennes\/article-du-monde\/\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">05. 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