« Retour sur Les Immatériaux », conférence ARI/CIREN, DEA de l’Université Paris 8 « Arts des images et art contemporain », 30 mars 2005, ENSAD, Paris.
De 2002 à 2005, les conférences mensuelles organisées par l’Atelier de recherches interactives (ARi, post-diplôme de l’École nationale supérieure des arts décoratifs) avec le Centre interdisciplinaire de recherche sur l’esthétique du numérique de l’Université Paris 8 (Ciren), à l’École nationale des arts décoratifs, ont été dédiées à la recherche et à la création dans le champ de l’interactivité et du numérique.
Mercredi 30 mars 2005, dans l’amphithéâtre Rodin de l’École nationale des arts décoratifs, sous le titre « Retour sur Les Immatériaux », il s’agit de témoigner de cette exposition, tout juste vingt ans après son ouverture le 28 mars 1985 au Centre Pompidou, et de considérer le destin théorique et historique de ces « immatériaux », qui désignent non pas simplement ce qui est immatériel mais, de façon ouverte, « un matériau qui disparaît comme entité indépendante », un matériau où « le modèle du langage supplante celui de la matière » et dont le principe « n’est plus une substance stable mais un ensemble d’interactions ».
En 1983, au Centre Pompidou, Jean-François Lyotard est appelé à prendre la direction intellectuelle d’une exposition prévue sur le thème « matériaux nouveaux et création ». Il entend mettre en question chacun de ces trois termes en la nommant Les Immatériaux et en proposant d’agencer l’exposition selon les mots matériau, matière, matrice, matériel, maternité. L’exposition donnera au visiteur « le sentiment de la complexité des choses » car « une nouvelle sensibilité naît » alors que « dans la création apparaissent de nouveaux genres d’art reposant sur les nouvelles technologies ».
« Retour sur Les Immatériaux » propose deux sessions, présentées par Manuela de Barros :
Préambule par Manuela de Barros.
Philippe Délis, scénographe de l’exposition, ouvre la première session intitulée « L’image des Immatériaux ».
Enregistrement : https://www.rvdv.net/immateriaux/les-immateriaux-liste-des-pages-de-documents/20e-anniversaire-retour-sur-les-immateriaux/philippe-delis/
Les trois présentations suivantes montrent comment des étudiantes et étudiants en arts de l’université Paris 8 sont intervenus dans des productions expérimentales.
Jean-Louis Boissier intervient à propos du Bus, 1984-1985 une installation vidéo interactive constitutive de l’un des sites de l’exposition réunis sous le concept de « matière : l’objet sur lequel le message donne de l’information ; ce que le logicien et le linguiste appellent le référent du message, comme dans « table des matières » J-F.L.
Enregistrement : https://www.rvdv.net/immateriaux/les-immateriaux-liste-des-pages-de-documents/20e-anniversaire-retour-sur-les-immateriaux/jean-louis-boissier/
Liliane Terrier intervient à propos de Toutes les copies (copy art-installation interactive), l’un des sites de l’exposition regroupés sous le concept de « matériau : ce sur quoi s’inscrit un message : son support. Il résiste. Il faut savoir le prendre, le vaincre. C’était le métier, faire une table avec un arbre. » J-F.L.
Enregistrement : https://www.rvdv.net/immateriaux/les-immateriaux-liste-des-pages-de-documents/20e-anniversaire-retour-sur-les-immateriaux/liliane-terrier/
Marie-Hélène Tramus revient sur sa participation à l’exposition avec l’image de synthèse.
Enregistrement : https://www.rvdv.net/immateriaux/les-immateriaux-liste-des-pages-de-documents/20e-anniversaire-retour-sur-les-immateriaux/marie-helene-tramus/
la deuxième session intitulée « L’écriture des Immatériaux » invite deux des participants directs de l’expérience d’écriture électronique collective menée dans le moment des Immatériaux : Christine Buci-Glucksmann, Jean-Pierre Balpe, questionnés par Paul Devautour.
Christine Buci-Glucksmann puis Jean-Pierre Balpe parlent de leur participation à ce travail d’écriture collective puis Paul Devautour livre sa lecture personnelle du catalogue Épreuves d’écriture, l’autre catalogue des Immatériaux, qui rassemble les textes issus de cette expérience. Un débat entre les trois personnes clôt la session.
Sous le titre Épreuves d’écriture, ce volume retranscrit la tentative de 26 auteurs de se confronter à une expérience d’écriture électronique collective. À partir de 50 mots, pour lesquels on leur demande des définitions et qui sont mises en réseau, s’engage une réflexion écrite à plusieurs voix, selon un protocole précis : les textes sont envoyés à une mémoire centrale; les auteurs sont invités à enchaîner à la suite des textes des autres; il n’y a donc pas de destinataires précis (pas de communication « privilégiée », entre auteurs : tout s’adresse à tous) ; pas un auteur à proprement parler et pas vraiment un livre collectif car il n’a pas de destinataire (« ce qui a prodigieusement inquiété les auteurs », J-F.L.) ; diversité d’écriture, de style; « trouble » sur la notion d’auteur pour l’auteur lui-même. Cette expérience (ré)active un certain nombre de questions sur les modifications internes de l’écriture, du langage et de la communication.